_0JB9488©Jean-Baptiste Millot (Copier)
PROCHAINS CONCERTS

  • 02/05/2017 - Laura Perrudin - Perrudin Benita Rabbia - Chapelle Corneille - Rouen
  • 03/05/2017 - Laura Perrudin - Perrudin Benita Rabbia - Sunset Sunside - Paris Ier
  • 04/05/2017 - Laura Perrudin - Perrudin Benita Rabbia - Theâtre de la Manufacture - Nancy
  • 11/05/2017 - Laura Perrudin - Perrudin Benita Rabbia - Le Comoedia Jazz Club - Miramas
  • 15/05/2017 - Laura Perrudin - Solo - Jazz Club - St Denis
  • 19/05/2017 - Laura Perrudin - Solo - Festival Sonik - Quimper
  • 14/06/2017 - Laura Perrudin - Solo - - Châteaugiron
  • 29/06/2017 - Laura Perrudin - Poisons & Antidotes - Jazz à Vienne - Vienne
  • 28/07/2017 - Laura Perrudin - Solo - - Eygalières
  • 29/09/2017 - Laura Perrudin - Solo - - Civray
  • 25/11/2017 - Laura Perrudin - Poison et Antidote - Jazz au Fil de l'Oise - Vauréal
  • ACTU DISCOGRAPHIQUE

     ACTUALITES

    La concomitance n’est pas le fruit du hasard. Laura voulait jouer avec Michele, qui jouait avec Michel (au sein du 4tet d’Andy Sheppard), qui lui-même voulait absolument rencontrer Laura. Tout était donc en place pour la naissance de ce nouveau trio, qui s’appuie sur les identités de chacun : les poèmes mis en musique par Laura, harmoniquement sublimés par sa voix et sa harpe celtique, l’électronique percussive et onirique de Michele, la contrebasse mélodique et partageuse de Michel. Une musique hors temps, suspendue et méditative, aux confins du folk et de l’ambient.

    EXTRAITS DE PRESSE

    Laura Perrudin, Michel Benita, Michele Rabbia : une première

    Hier 5 novembre, la harpiste Laura Perrudin, le contrebassiste Michel Benita et le batteur Michele Rabbia présentaient le résultat de trois journées de travail en résidence au Triton des Lilas.

    Et les voici donc tous trois réunis sur la petite scène de la salle 1 du “club” lilasien, à une station de métro de Paris. Il y a quelques années, alors que Laura Perrudin était une inconnue, après avoir visité son site, Michel Benita et moi avions échangé par mail à son propos, moi plutôt interpelé par son aisance, dans le cadre du jazz, sur une harpe d’une genre nouveau, Benita plus intrigué par son rapport à l’électronique. Finalement, c’est tout ça Laura Perrudin: la harpe, l’électronique, plus la composition et la voix qui chante ses propres textes et ceux des autres qu’elle effleure d’un phrasé mélismatique ornementant longuement les voyelles. Et dans “voyelles”, il y a “voix” et “ailes”.

    Or, ce soir, l’électronique, ce ne sera pas elle… sa harpe électronique a subi des dommages en avion. Et dans la pièce d’ouverture, Back From the Moon qui sert également d’ouverture à l’album de Michel Benita (“River Silver”, ECM, 2016), c’est l’improvisatrice qui s’impose, doublant sa harpe avec sa voix. Une improvisatrice qui a renoncé au jazz comme port d’attache (point de standards… que l’on peut regretter tant elle sait les transfigurer ; pas de phrasé bebop… on l’a entendu autrefois jouer du Tad Dameron, mais ça n’est pas sa vocation) mais, dans cette première pièce, on voit bien quelle école le jazz a été pour elle (plus qu’une école, une langue vivante, puisqu’elle dit l’avoir découvert enfant à l’écoute de Wayne Shorter) : un sens de l’initiative mélodique et harmonique qui l’invite à déjouer la linéarité de l’improvisation modale par des angularités bien à elle et un sens du phrasé, du tempo et de la syncopation dont l’origine ne fait aucun mystère.

    Dans ce programme en trio, les trois musiciens se partageront la signature des morceaux selon des lignes de partage apparaît d’emblée ce qui rapproche Laura Perrudin de Michel Benita et de l’univers qu’il a développé à travers ses projets “Ramblin’” et “Ethics”, où l’on voit bien ce qui peut les attirer vers la gestuelle minimale, quasi chamanique, de Michele Rabbia sur la batterie (on parlera ici plus de percussions que de batterie au sens où l’on l’entend le jazz, même s’il sait installer un groove), mais où un hiatus restera à combler, apparent dès l’introduction électronique de Rabbia à Back From the Moon, entre Benita plus coutumier d’une électronique soft (dont il ne restera ce soir que quelques bourdons) et l’approche de Rabbia plus “hirsute”, plus “abstraite” (ou plus “concrète” pour reprendre les termes de Pierre Schaeffer). En effet, par ses traitements sonores en direct de la musique de ses comparses, son recours relatif à l’aléatoire de programmes, ses banques de son (je nomme ainsi ce que j’ai cru entendre hier) qui se confondent avec son jeu tintinnabulant ou fracassant, Michele Rabbia se découvre à moi comme un héritier des Déserts d’Edgard Varèse et des pionniers du GRM (Groupe de recherche musicale), héritage qu’il fait sien avec des gestes d’improvisateurs – étrangers à ces pionniers – tout à fait fascinants et qui relèvent d’une sorte de don d’ubiquité, lorsqu’on le voit tenir un tempo ou colorer la musique de ses nombreux accessoires acoustiques, tout en manipulant les polyphonies de sa “jungle électronique”. Et face à ce monde sonore, qui se suffit presque à lui-même, on attendrait plus un Barry Guy ou une Joëlle Léandre qu’un Michel Bénita qui semblait hier un peu “interdit”.