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Il y a quatre ans, le premier opus d’un nouveau groupe intitulé « Ethics », un all-star européen réunion autour de Michel et de la forte personnalité d’une musicienne, joueuse de koto (instrument traditionnel japonais), avait marqué les esprits.

La même équipe signe un album magistral qui paraît en ce début d’année sur le prestigieux label ECM.

A l’aube de la soixantaine, qui s’annonce rayonnante, Michel Benita a bien-sûr à son actif  un parcours exemplaire. Ses collaborations au long cours avec Marc Ducret, François Jeanneau, Aldo Romano, NGuyên Lê et Peter Erskine, Andy Sheppard, comptent toutes au rang des belles réussites du jazz européen ces vingt dernières années. Récemment c’est aux côtés de Vincent Peirani qu’on a pu se régaler de son phrasé félin aux accents folks.

Son parcours discographique en tant que leader ne date pas non plus d’hier puisqu’on se souvient d’albums notoires sur Label Bleu, enregistrés avec Rita Martoculli et Dewey Redman…

Nous y voilà : Ethics. Les musiciens se mettent eux aussi à la morale. Bientôt un Comité d’éthique pour les jazzmen, comme pour les médecins, les journalistes ? Les rockeurs, espérons-le, seront les derniers à s’y résoudre. Rockeur, Michel Benita ne l’est pas tout à fait, bien que sa culture soit triple, jazz, rock et, surtout, world. Côté jazz, sa participation au quartet Palatino reste mémorable entre toutes. Côté jazz-rock, il a été le bassiste d’Erik Truffaz, chez qui il jouait avec le batteur Philippe Garcia, qu’on retrouve dans ce disque, avec un autre trompettiste romand, sans doute le meilleur que la Suisse ait produit : Mathieu Michel, à comparer plutôt à Roger Federer qu’à une Rolex, pour l’audace et la technique, puisque s’y ajoute une vraie sensibilité. Se joignent à eux une chanteuse japonaise qui joue aussi du koto, Mieko Miyazaki, et un guitariste norvégien fort connu, Eivind Aarset, qu’on a entendu avec Nils Petter Molvær et Bugge Wesseltoft. Des noms qui dessinent des paysages rêveurs et généreusement électroniques derrière cette éthique fondée, écoutez bien, par le Miles Davis de Bitches Brew et par l’irrésistible vertu de George Harrison, le plus planant des Beatles. A la contrebasse comme aux programmations, Michel Benita révèle, avec Green Power (de Harrison) comme dans ses propres compos, la nature de son éthique musicale : une écologie politique mondiale, sans dogmatisme, respectant les énergies positives de chacun. On rend les armes.
Michel Contat – Telerama

La dernière fois, on s’était fait un trip jazz-folk east coast/west coast avec « Ramblin » (2009). Revoilà Benita, contrebassiste sans frontières ni œillères, qui prolonge son magical mystery tour dans quelque terre de folklore imaginaire. Strict amateur de jazz ou naturellement attiré par tous les chants du possible, l’auditeur aura l’impression de larguer les amarres en écoutant « Ethics ». Autour de la contrebasse, point d’ancrage boisé alliant force du chêne et souplesse du roseau, les quatre accompagnateurs apportent chacun leur pierre à l’édifice (é)mouvant. A la trompette (ou au bugle), Matthieu Michel enchante chaque mélodie, ses improvisations sont habitées – tant de suiveurs aligneraient les clichés post-Miles en rêvant d’être Jon Hassell ou Arve Henriksen… Mieko Miyazaki, voix et koto aidant, ajoute une touche extrême-orientale. Mais pas seulement. Elle fait preuve d’un extrême raffinement mélodique (en témoigne son entente avec Matthieu Michel) et d’une extrême sensibilité « conversatoire » (les contrastes kodo/guitare fond plaisir à entendre). Eivind Aarset, comme de coutume, se révèle guitariste-coloriste hors pair : sa palette est large, il peut faire gronder l’orage électrique, ou tomber une pluie de notes rêveuses. Quant à Philippe Garcia, la justesse et la sobriété de son jeu sont l’élégance percussive incarnée. Mais ce qu’on aime peut-être par-dessus, c’est le soin apporté à la mise en sons : tout en nous procurant les plaisirs intenses d’un disque de jazz, ce cd n’a rien à envier aux « prods » des meilleurs albums de rock modernes. Julien Ferté JazzMagazine

EXTRAIT DE PRESSE

« Avec l’humilité qui le caractérise, sans grand discours théorique, Michel est peut-être le musicien français qui, ces dernières années, a su le mieux transcrire, en une musique naturellement transgenre et fondamentalement hybride dans ses formes et processus, les grands enjeux esthétiques, poétiques et politiques de notre post·modernité mondialisée. Il faut dire que, contrebassiste essentiel de la scène jazz hexagonale depuis le milieu des années 80, styliste sensualiste tout élégance contrapuntique   et partenaire précieux de quelques-uns des musiciens les plus créatifs de ce dernier quart de siècle (Marc Aldo Romano … ), Benita n’a jamais caché l’éclectisme de ses l’extrême diversité de ses admirations. Nourri au folk et au années 1960/1970, amoureux fou des grands « syncrétistes » de ‘histoire du jazz (Miles Davis, Keith Jarrett), l’oreille toujours en éveil attentif à transposer dans sa musique tout ce qui se joue de neuf (de la musique électronique au hip hop en passant par le folklore traditionnel irlandais), Benita ne revendique finalement rien d’autre qu »‘être de son temps », dans toute sa complexité, sans jamais dévier d’une ligne esthétique privilégiant lyrisme et sens de la mélodie ». Jazz Mag Stéphane Ollivier

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